CSC : pourquoi ?

Pourquoi la technologie du CSC est-elle un instrument incontournable pour lutter contre les changements climatiques ?

Non renouvelables, les énergies fossiles sont la clef de voûte de nos sociétés modernes et de nos modes de vie actuels. A titre d’illustration, près de 66% de la production mondiale d’électricité est aujourd’hui basée sur les énergies fossiles (OECD/IEA, 2009).

Les prévisions de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE ou International Energy AgencyIEA) montrent que la tendance n’est pas prête de s’inverser. En effet, la demande en énergie devrait augmenter du fait de l’accroissement de la population et du développement économique des pays émergents. Ainsi, dans les prochaines décennies, les énergies fossiles devraient continuer à satisfaire la majorité de la demande en énergie, les autres énergies n’étant pas encore « prêtes »  à prendre le relais. Cette dépendance aux énergies carbonées est un problème majeur du point vue environnemental.

D’après le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC ou Intergovernmental Panel on Climate ChangeIPCC), le CO2 est responsable de 60% de l’effet de serre d’origine anthropique (IPCC, 2005).  Le CO2 est inévitablement produit, entre autres, lors de l’utilisation de combustibles fossiles comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon. De plus, du CO2 est également émis par certains procédés industriels (réactions chimiques dans les cimenteries, dans les alumineries, etc.).

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Répartition des émissions de CO2 par secteur d’activité au niveau mondial, en 2005.
Source : OECD/IEA, 2008.

L’AIE affirme qu’aucune forme d’énergie ou de technologie ne constitue une solution unique pour réduire les impacts sur le climat liés à l’utilisation des combustibles fossiles. Elle est favorable au développement extensif du CSC en conjonction avec d’autres alternatives existantes, comme les énergies renouvelables, l’énergie nucléaire, l’amélioration de l’efficacité énergétique, etc. En effet, cette technologie permet de continuer à exploiter les énergies fossiles en limitant fortement leur impact environnemental via des réductions massives et rapides des émissions de CO2. C’est donc l’utilisation commune de toutes ces solutions qui aidera à réduire nos émissions de GES.

Le rapport du GIEC consacré au CSC établit que cette technologie pourra permettre de réduire jusqu’à 40% les émissions de CO2 au cours de ce siècle (IPCC, 2005). Le CSC ne concernera que des sources fixes d’émissions de CO2, plus particulièrement les industries et les usines de production d’électricité.

Il faut noter que le Québec représente un cas particulier où 96% de l’électricité consommée est d’origine hydraulique selon les statistiques du MRNF pour l’année 2009.  Au Québec, ce n’est donc pas le secteur électrique mais le secteur industriel, responsable de 32,9% des émissions de GES de la province, qui est le premier concerné par le CSC pour réduire son impact sur le climat.

En effet, 89% des émissions de GES du secteur industriel québécois sont des émissions de CO2, ce qui correspond à environ 24,1 millions de tonnes de CO2 par an (MDDEFP, 2013). Le reste des émissions de ce secteur est principalement des hydrofluorocarbures (HFC), des perfluorocarbures (PFC) et du protoxyde d’azote (N2O).

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À gauche, répartition des émissions de GES par secteur d’activité au Québec, en 2010.
À droite, répartition des émissions de GES selon le type de gaz pour le secteur industriel, en 2010.
Source : MDDEFP, 2013.

Un déploiement industriel à quelle échéance ?

S’il ne fait pas de doute que le CSC offre un potentiel important de réduction des émissions de CO2, cette technologie de transition vers un monde où les énergies renouvelables seront très développées a encore besoin de franchir de nombreux obstacles d’ordre technologiques, économiques et juridiques. Le déploiement du CSC doit également s’inscrire dans un projet de société. Cette technologie doit être acceptée et comprise par le grand public.

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Projection du nombre de projets de CSC dans le monde jusqu’en 2050.
Source : IEA, 2009.

Les grandes étapes du développement du CSC peuvent être présentées ainsi :

  • projets-pilotes de recherche scientifique d’ici 2015 ;
  • déploiement industriel à partir de 2020 ;
  • généralisation vers 2030.

Sections sur le CSC – Première étape : captage du CO2.